ouh le menteur !

11 Juin

henry-james_1843-1916 le-menteur_henry-james

Ayant particulièrement apprécié les nouvelles La Bête dans la jungle et Le Motif dans le tapis il y a quelques années – que j’ai relues plusieurs fois avec le même plaisir depuis – j’avais envie de découvrir d’autres œuvres de cet auteur. Mais des courtes. Parce qu’en ce moment, j’aime lire d’une traite, d’une seule ; j’aime rester plongée dans une histoire qui m’emmène tout au bout. Et aussi parce que ma dernière tentative de lecture d’un [long] roman de James m’a assommée. Je n’ai jamais réussi à terminer Ce que savait Maisie. Soit que les œuvres longues ne sont pas le domaine de prédilection de l’auteur, qui excelle dans l’art de tenir le lecteur en haleine, plus difficile sur la longueur ; soit que je ne l’ai pas lu au bon moment ni dans les bonnes conditions, ce qui arrive parfois. Quoiqu’il en soit, je suis tombée par hasard sur Le Menteur et ai été séduite par la quatrième de couverture. Je l’ai pris. Je l’ai lu. Je vous en parle.

Tous les ingrédients que j’aime tant dans la littérature fin-de-siècle y sont : le dandysme, le mystère, l’art, l’amoralité, la grandeur, la passion… On est d’emblée happé par l’histoire, devinant qu’il y aura de nombreux rebondissements et peut-être même du surnaturel. Expectation brillamment provoquée par l’auteur dès les premières pages à la mention d’une chambre hantée, qui ne manque pas de nous induire en erreur. Et c’est là que se situent à la fois la force et la faiblesse de la nouvelle. D’un côté James nourrit sans cesse la curiosité du lecteur en repoussant la révélation. D’un autre, on est presque déçu quand cette dernière arrive, tant notre esprit avait imaginé, et du coup aussi souhaité, une issue différente, peut-être plus ésotérique… Je soupçonne Wilde, avec Le Portrait de Dorian Gray, de s’être largement inspiré de cette nouvelle, deux ans plus tard. Les similitudes sont frappantes : le peintre, la fascination, le tableau comme miroir de vérité, la destruction… Ce sont peut-être les réminiscences de ce chef-d’œuvre qui, inconsciemment, nous trompent. Même si Le Menteur a un petit goût d’inachevé frustrant, j’ai tout de même beaucoup aimé cette nouvelle et je vous invite à la découvrir !

Et si vous l’aimez aussi, [re]lisez [ensuite] Le Portrait de Dorian Gray. Vous allez adorer !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s